Enfant assise en position W au sol en jouant avec des blocs.

La position assise en « W » chez l’enfant : faut-il vraiment la corriger ?

Avec la multiplication des conseils sur les réseaux sociaux et les forums de parents, il est difficile de s’y retrouver. Entre mythes, vérités et avis contradictoires, la position assise en « W » (lorsque l’enfant est assis sur ses fesses avec les genoux pliés et les pieds orientés vers l’extérieur) fait couler beaucoup d’encre. 

Alors, s’agit-il d’une simple habitude inoffensive ou d’une posture à corriger absolument ? Voici ce que la science et la physiothérapie pédiatrique en disent. 

Ce que dit la science : Mythes vs Réalité 

On entend souvent que s’asseoir en « W » provoque des luxations de la hanche, des malformations du fémur, un mauvais développement musculaire, une marche avec les pieds vers l’intérieur ou de sévères maux de dos. 

Que nous dit la littérature scientifique actuelle ? 

  • Peu d’études concluantes : Il existe à ce jour très peu d’études scientifiques probantes sur le sujet, et les avis cliniques restent partagés. 
  • Pas de preuves directes : Aucun lien direct n’a été formellement prouvé entre la position en « W » et la dislocation de la hanche, la marche avec les pieds vers l’intérieur ou une torsion permanente du fémur chez l’enfant.

L’analyse du physiothérapeute : Pourquoi il reste préférable de l’éviter 

Même si la science manque encore de données à long terme, la biomécanique, l’adaptation physiologique et le développement neuromusculaire, des concepts amplement étudiés, nous enseignent que le corps s’adapte aux contraintes qu’il subit répétitivement. 

Maintenir la position en « W » de façon prolongée et fréquente peut créer des déséquilibres musculaires chez l’enfant en croissance : 

  • Bassin et colonne : Cette posture amène une bascule vers l’avant du bassin, ce qui raccourcit les fléchisseurs de la hanche et étire de façon excessive les abdominaux et les fessiers. Cela peut mener à une faiblesse du tronc et à des douleurs au dos. 
  • Moins de mobilité : Elle limite la nécessité de transférer son poids d’un côté à l’autre et d’utiliser ses abdominaux et ses fessiers pour pivoter (comme pour passer de la position assise à quatre pattes). 
  • Axe des jambes et genoux : Elle peut entraîner un mauvais alignement articulaire (syndrome de malalignement) pouvant causer des inconforts ou des douleurs aux genoux et nuire à sa stabilité. 
  • Stabilité : Elle affecte la bandelette ilio-tibiale, ce qui peut nuire à la stabilité de la hanche lors de la station debout et de la marche. 

4 astuces simples pour encourager d’autres postures (sans faire de rappels constants !) 

Plutôt que de répéter sans cesse à votre enfant de « placer ses jambes correctement » (ce qui peut devenir frustrant pour tout le monde), vous pouvez adapter son environnement de jeu pour l’inciter naturellement à varier ses positions : 

  1. Surélever l’enfant : Proposez-lui de s’asseoir sur une petite surface légèrement élevée (un bloc de yoga, un petit tabouret ou un coussin ferme). 
  2. Surélever les jeux : Placez les jouets sur une table basse pour l’inciter à jouer debout ou à genoux. 
  3. Varier les postures au sol : Encouragez les jeux sur le ventre, en tailleur, les jambes allongées devant lui ou encore la position accroupie. 
  4. Favoriser le mouvement : Privilégiez les activités qui demandent de bouger, de se lever et de changer souvent de position. 

En résumé : Doit-on s’inquiéter ? 

Si votre enfant adopte la position en « W » de manière très temporaire durant le jeu pour changer de posture, il n’y a pas de panique à avoir. 

En revanche, si c’est sa seule posture de jeu, qu’il éprouve de la difficulté à s’asseoir autrement, ou s’il présente une faiblesse du tronc, des douleurs ou des difficultés à la marche, une évaluation en physiothérapie pédiatrique est fortement recommandée. 

Contactez notre équipe dès aujourd’hui pour obtenir des conseils personnalisés et soutenir le développement moteur de votre enfant ! 

Alison Jolin

Physiothérapeute

Alison est physiothérapeute diplômée de l’Université de Sherbrooke en 2023, passionnée par la pédiatrie et particulièrement par le développement moteur des bébés et des enfants.

Au Centre Grandissons, Amélie Simoneau et Alison Jolin, physiothérapeutes, sont les expertes en physiothérapie pédiatrique et en développement moteur chez les enfants. Pour plus d’informations sur nos services en physiothérapie ou pour prendre rendez-vous, téléphonez au 819-816-1331

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