Les enfants d’âge scolaire vivent quotidiennement plusieurs situations qui sollicitent leur capacité d’adaptation : exigences académiques, interactions sociales, changements de routine, compétitions sportives ou conflits avec leurs pairs. Comme les adultes, ils peuvent ressentir du stress, de la frustration, de la colère ou de l’anxiété. Cependant, ils ne possèdent pas toujours les outils nécessaires pour reconnaître leur état et retrouver leur calme de façon autonome.
En ergothérapie, nous accompagnons les enfants dans le développement de stratégies d’autorégulation adaptées à leurs besoins. Voici quelques méthodes d’apaisement efficaces ainsi que des exemples concrets de situations où elles peuvent être utilisées.
1. La respiration profonde
La respiration profonde permet de ralentir le rythme cardiaque et de réduire l’intensité des émotions. Lorsque l’enfant est stressé ou agité, son corps se met souvent en mode « alerte ». Respirer lentement aide à envoyer un message de sécurité au cerveau.
Comment faire?
Invitez l’enfant à inspirer lentement par le nez pendant quatre secondes, puis à expirer doucement par la bouche pendant six secondes. Il peut mettre les mains sur son ventre pour le sentir s’emplir d’air, puis se vider.
Exemple concret
Émile doit présenter un exposé oral devant sa classe. Quelques minutes avant son tour, il sent son cœur battre rapidement et a mal au ventre. Il peut prendre quelques respirations profondes afin de diminuer son stress et se sentir davantage en contrôle.
2. Les pauses motrices
Le mouvement est un excellent moyen de diminuer les tensions accumulées dans le corps. Pour plusieurs enfants, bouger aide à mieux gérer l’agitation, la frustration ou le stress.
Idées d’activités
- Faire quelques sauts sur place.
- Courir dans la cour.
- Monter et descendre les escaliers.
- Faire des étirements.
- Transporter un objet lourd de façon sécuritaire.
Exemple concret
Après une longue période de travail en classe, Léa commence à remuer sur sa chaise et a de plus en plus de difficulté à se concentrer. Une courte pause active lui permet de dépenser son énergie et de mieux poursuivre ses activités.
3. Les stratégies proprioceptives
Les activités qui procurent des sensations de pression profondes ou de résistance peuvent avoir un effet calmant sur le système nerveux. Elles sont particulièrement utiles pour les enfants qui ont tendance à être très agités ou débordés par leurs émotions.
Idées d’activités
- Faire des poussées contre un mur.
- Transporter un sac à dos légèrement chargé.
- S’enrouler dans une couverture.
- Utiliser une balle antistress.
- Faire des exercices d’animaux (marche de l’ours, du crabe, etc.).
Exemple concret
Après une dispute avec un ami à la récréation, Thomas revient en classe très contrarié. Avant de reprendre son travail, quelques exercices de poussée contre le mur peuvent l’aider à retrouver un état plus calme.
4. Créer un coin calme
Un espace d’apaisement permet à l’enfant de se retirer momentanément lorsqu’il se sent submergé. L’objectif n’est pas l’isolement ou la punition, mais plutôt d’offrir un endroit sécurisant pour récupérer.
Ce qu’on peut y retrouver
- Des coussins.
- Des livres.
- Des objets sensoriels.
- Des écouteurs antibruit.
- Du matériel de dessin.
Exemple concret
Le bruit de la cafétéria devient envahissant pour Sophie. À son retour en classe, elle peut passer quelques minutes dans le coin calme afin de diminuer sa surcharge sensorielle et se recentrer.
5. La visualisation
La visualisation consiste à imaginer un endroit ou une situation agréable afin de créer une sensation de bien-être et de sécurité.
Comment faire?
Invitez l’enfant à fermer les yeux et à imaginer un lieu qu’il aime particulièrement : une plage, une cabane dans les arbres, la maison d’un grand-parent ou tout autre endroit rassurant.
Exemple concret
Avant un examen important, Antoine ressent beaucoup d’anxiété. Quelques minutes de visualisation lui permettent de réduire ses inquiétudes et de se préparer mentalement à la tâche.
6. Nommer ses émotions
Il est souvent plus facile de gérer une émotion lorsqu’on est capable de l’identifier. Aider l’enfant à mettre des mots sur ce qu’il ressent favorise le développement de ses habiletés d’autorégulation. On peut poser des questions pour aider l’enfant à identifier ce qu’il ressent ou on peut utiliser un outil visuel avec des pictogrammes.
Questions utiles
- Comment te sens-tu en ce moment?
- Qu’est-ce qui s’est passé?
- Où sens-tu cette émotion dans ton corps?
- De quoi aurais-tu besoin pour te sentir mieux?
Exemple concret
Mia revient de l’école en pleurant. Elle dit simplement qu’elle a passé une mauvaise journée. En prenant le temps d’identifier son émotion, elle réalise qu’elle est surtout déçue de ne pas avoir été choisie pour un jeu avec ses amis.
7. Les objets d’apaisement
Certains objets peuvent aider les enfants à maintenir leur attention ou à diminuer leur stress.
Exemples
- Balle antistress.
- Fidget.
- Pâte à modeler.
- Bijou de mastication.
- Tissu doux ou objet réconfortant.
Exemple concret
Durant un trajet d’autobus scolaire particulièrement bruyant, Jacob manipule discrètement une balle antistress. Cela lui permet de mieux gérer son inconfort et d’arriver à l’école plus calme.
8. Les activités créatives
Le dessin, le bricolage, la musique ou l’écriture peuvent permettre aux enfants d’exprimer leurs émotions lorsqu’ils ont de la difficulté à les verbaliser.
Exemple concret
Après une journée difficile à l’école, Camille refuse de parler de ce qu’elle a vécu. En dessinant sa journée, elle parvient graduellement à exprimer ses frustrations et ses inquiétudes.
Quelques conseils pour les parents
Les stratégies d’apaisement sont plus efficaces lorsqu’elles sont pratiquées régulièrement et non seulement lors des périodes de crise. Chaque enfant étant unique, certaines méthodes seront plus aidantes que d’autres. Il est important d’observer ce qui fonctionne le mieux pour votre enfant et de l’encourager à utiliser ses outils avant que ses émotions ne deviennent trop intenses.
Si votre enfant présente des difficultés importantes à gérer son stress, ses émotions ou ses réactions comportementales, un ergothérapeute peut l’aider à mieux comprendre ses besoins et à développer des stratégies adaptées à son fonctionnement quotidien.
L’objectif n’est pas d’éliminer les émotions difficiles, mais plutôt d’apprendre à les reconnaître, les comprendre et les gérer de façon saine afin de favoriser le bien-être et la participation de l’enfant dans ses activités quotidiennes.
Certaines étapes de la rédaction ont bénéficié du soutien de l’intelligence artificielle. Le contenu final a été élaboré, vérifié et approuvé par l’auteur.




