Gestion de la commotion cérébrale chez l’enfant et l’adolescent

Les jeunes de moins de 4 ans et les adolescents entre 15 et 19 ans sont deux groupes d’âge particulièrement à risque de souffrir d’un traumatisme craniocérébral léger (TCCL), communément appelé commotion cérébrale. Sauriez-vous le reconnaître et intervenir si ça arrivait à votre enfant ? 

Une commotion cérébrale est une blessure invisible causée par un choc direct à la tête ou indirect, comme une chute sur les fesses, et qui entraîne divers symptômes. Chez les tout-petits, elle survient souvent à la suite d’une chute, que ce soit de la table à langer, d’une structure de jeux ou dans l’escalier par exemple. Quant aux ados, c’est la pratique d’un sport qui les rend plus à risque, en particulier les sports de contact et de ballon comme le football, le hockey et le soccer, mais aussi le cheerleading.

Comme le cerveau est en plein développement jusqu’à la mi-vingtaine, il importe de prendre les mesures nécessaires pour guérir la commotion cérébrale le plus rapidement possible. Il faut savoir qu’une commotion cérébrale survenant à la suite d’une autre non guérie peut avoir de lourdes conséquences, voire s’avérer fatale dans de rares cas. Or, pour la prendre en charge, il faut savoir la reconnaître…

Des symptômes variés et qui peuvent passer inaperçus

Saviez-vous que jusqu’à 80 % des commotions cérébrales n’entraînent pas de perte de conscience ? Celles-ci peuvent donc passer inaperçues chez les tout-petits qui ne peuvent pas expliquer leurs douleurs, mais aussi parce que les symptômes sont variés. Ceux-ci peuvent être d’ordre :

  • physiques (p. ex. : maux de tête, étourdissements, désorientation, vertiges, nausées, vomissements, fatigue, vision embrouillée, sensibilité aux bruits et à la lumière) ;
  • cognitifs (p. ex. : confusion, fatigue mentale, difficultés à se concentrer, à rester attentif et à mémoriser) ;
  • affectifs (p. ex. : irritabilité, impatience, intolérance, anxiété, nervosité, stress) ;
  • troubles du sommeil (p. ex. : difficulté à s’endormir, réveils fréquents la nuit, longues périodes de sommeil, insomnie).

Les symptômes ne se produisent pas toujours sur le coup de l’impact. Certains apparaissent après quelques minutes, d’autres peuvent survenir jusqu’à 48 heures plus tard. En cas de doute, consultez votre médecin de famille ou votre physiothérapeute pour obtenir une évaluation et des soins au besoin. 

Les symptômes d’une commotion cérébrale diminuent généralement dans les 14 jours suivant l’incident et disparaissent en moins d’un mois. Par contre, les adolescents, en particulier les filles, sont à risque de récupérer plus lentement et de voir leurs symptômes se chroniciser s’ils ne sont pas pris en charge adéquatement.

La récupération grâce à la physiothérapie

À la suite d’une commotion cérébrale, un repos complet de 48 heures doit être observé, en limitant au minimum les activités qui demandent de la concentration et les écrans, puis en évitant toute activité physique et sportive. Par la suite, les physiothérapeutes peuvent jouer un grand rôle dans le traitement et la prise en charge des commotions cérébrales. Dans un premier temps, une évaluation cervicale, proprioceptive (ossature et musculature nécessaires à l’équilibre et aux déplacements), vestibulaire (organe de l’équilibre situé dans l’oreille interne) et oculomotrice (motricité des yeux) sera effectuée.

Selon les résultats de l’évaluation, une rééducation vestibulaire pourrait notamment s’avérer utile pour réduire les étourdissements, puis améliorer la vision, l’équilibre et la qualité de vie. Des exercices de renforcement du cou pourraient également être enseignés, car la faiblesse musculaire du cou est un facteur prédisposant aux commotions cérébrales chez les athlètes. Votre physiothérapeute s’assurera de plus que le cycle de sommeil redevient normal le plus rapidement possible, car celui-ci a un impact sur tous les autres symptômes.

Dans plus de 90 % des cas, les adolescents qui ont subi une commotion cérébrale et qui sont bien pris en charge retournent à leurs activités régulières en moins de 7 à 10 jours. Votre physiothérapeute vous expliquera comment récupérer de façon optimale et préparer le retour en classe. L’objectif est de réintégrer graduellement les activités physiques et mentales sans causer la réapparition ou l’aggravation des symptômes. Le jeune athlète pourra reprendre graduellement la pratique de son sport lorsqu’il aura un minimum de symptômes, autant au repos qu’à l’effort intense, et qu’il aura effectué un retour en classe complet.

Amélie Simoneau

Physiothérapeute

Amélie est physiothérapeute diplômée de l’Université McGill, spécialisée en thérapie manuelle, développement moteur pédiatrique, plagiocéphalie et torticolis. Formée en TMPI, elle adopte une approche globale auprès des bébés, enfants et adolescents.

Au Centre Grandissons, Amélie Simoneau et Alison Jolin, physiothérapeutes, sont les expertes en physiothérapie pédiatrique et en développement moteur chez les enfants. Pour plus d’informations sur nos services en physiothérapie ou pour prendre rendez-vous, téléphonez au 819-816-1331

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